Un peu d'histoire

Citation d'article de Roland Niaux extrait du site https://sites.google.com/site/montbeuvray/ dans le cadre du projet "Pays d'Art et d'Histoire du Mont Beuvray"

CHARBONNAT (Saône-et-Loire)

- Carte IGN 1/25000e 2826 ouest Luzy et 2826 est Toulon-sur-Arroux

- Accès : depuis Étang, prendre la D994 direction Toulon-sur-Arroux. A 8 km d’Étang, prendre sur la droite la D47, direction Saint-Nizier-sur-Arroux et Charbonnat.

 La commune s’étend de part et d’autre de l’Arroux, sur toute la largeur de la vallée, à 11 km au sud d’Étang. Le bourg est sur la rive gauche.

Charbonnat est connu depuis le Xe siècle : Carbonacum est cité en 924 dans une charte de l’abbaye de Saint-Martin d’Autun. Son territoire est un lieu de passage depuis l’époque protohistorique. Il est traversé par la voie gauloise dite des « Foires du Beuvray » qui suit les lignes de crêtes depuis le Mont Beuvray jusqu’au Dardon. Elle coupe, à la Croix Rozian, une autre voie protohistorique se dirigeant sur Toulon-sur-Arroux. La voie du Beuvray est constituée actuellement par le GR 13. La voie gallo-romaine d’Autun à Toulon-sur-Arroux traverse l’Est de Charbonnat, mais elle n’est plus matérialisée que par des sentiers et des limites de parcelles.

 Un établissement gallo-romain était implanté sur les hauteurs dominant le village actuel, près du hameau de Collonge. De l’époque médiévale, Charbonnat nous laisse une élégante église romane placée sous le vocable de Saint-Marcel. Sise au centre du bourg, elle est constituée d’une nef rectangulaire prolongée par un chœur plus étroit, sans transept, et une abside semi-circulaire voûtée en cul de four. La partie la plus ancienne de l’édifice est le chœur, éclairé par des fenêtres (ouvertures étroites, largement ébrasées vers l’extérieur) datant du XIe siècle. Ce chœur supporte une tour carrée éclairée sur chaque face dans sa partie haute par deux baies géminées. Seuls les chapiteaux du côté sud sont sculptés. Le sommet de la tour est pyramidal et recouvert d’ardoises. Cette architecture est datable du XIIe siècle. A l’intérieur, les arcatures aveugles de l’abside sont séparées par six colonnettes galbées surmontées de chapiteaux.

 La pêche dans l’Arroux a joué autrefois un rôle important. En 1645, un recensement destiné à l’imposition relève pour Charbonnat 42 feux, ce qui doit correspondre à environ 200 habitants, parmi lesquels 19 laboureurs, les autres étant des pauvres, manœuvres et pêcheurs. C’était donc, pour certains, un véritable métier.

 En bordure de l’Arroux, au sud de la commune, se trouve un très beau domaine agricole, « En deça Chevannes », près d’un étang et d’un vieux moulin. Les bâtiments d’exploitation et d’habitation sont couverts de tuiles canal, héritières des tuiles romaines, tout à fait exceptionnelles dans la région. On les rencontre habituellement dans la vallée du Rhône et de la Saône, mais pas au nord de Tournus. Dans notre région, seules les églises étaient couvertes parfois de ces tuiles canal, et ce jusqu’au XIXe siècle. Chevannes était, avant la Révolution, propriété d’un prieuré de Montmort sur la rive droite de l’Arroux, aujourd’hui détruit.

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 Citation d'un article de C. Chermain 

Le village de Charbonnat compte aujourd’hui 250 habitants. 

La commune, parfois appelée, non officiellement, Charbonnat-sur-Arroux, pourrait tenir son nom d’un nom d’homme : Carbonacum, Carbonaco, Carbonis. On pensera plutôt à un dérivé du mot charbon, la commune ayant connu plusieurs lieux de production de charbon de bois. On retrouve ce nom dès 924 dans une charte du cartulaire de l’abbaye Saint-Martin-d’Autun.
De 780 à 250 habitants
En 1838, la commune, qui compte aujourd’hui autour de 250 habitants, comptait 780 Charbonnatoises et Charbonnatois logés dans 136 maisons. À l’époque, sa superficie de 2 222 ha, se composait de 1 748 ha en terres labourables, 237 en prés, 116 en bois et 6 ha de vignes. En 1829, il était noté la présence d’une huilerie.
Le village est traversé par la rivière de l’Arroux. Il fut un temps divisé en deux parties. L’une a appartenu au Roi de France Raoul et l’autre à l’abbaye de Saint-Martin-les-Autun. Ces autorités s’en partageaient les revenus.
D’après un cartulaire d’avril 1164, une lettre patente du Pape Alexandre III, réfugié en France, confirme la possession de ce territoire par l’abbaye.
Plus tard, l’évêque d’Autun et M. de Mc Mahon, seigneur de Chaseux, se trouvèrent à en recueillir les bénéfices.
Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, un rituel païen d’un sage fort ancien fut conservé : lorsqu’un habitant mourrait, on jetait son écuelle dans sa fosse et on lui mettait dans la main une pièce de monnaie pour qu’il puisse payer le dieu Charon, qui conduisait une barque, afin de traverser le Styx, un des fleuves des enfers, qui sépare le monde des vivants de celui des morts.
Pour franchir l’Arroux, un bac existait depuis 1857. Mais peu rentable, il fut remplacé par un pont en 1876.
La tour carrée de l’église romane à la nef rectangulaire sans transept, dédiée au diacre martyr saint Marcel, s’élève au centre du village. Elle a été construite à la fin du XIe siècle.
Au hameau de Collonge, on pouvait retrouver les ruines d’un château, nommé tour de Mirollez.